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 Dernier Pétale d'un Muguet Fané

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Clevie Astrad

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Messages : 245

MessageSujet: Dernier Pétale d'un Muguet Fané   Ven 7 Nov - 22:30


La vieille femme se tenait sur son fauteuil, seule, dans le silence de sa chambre éclairée de quelques chandelles aux flammes vacillantes. Posant sa main de papier de verre brisé sur la anse de son fauteuil, la vieille femme regarda alors la pièce, les faibles murs ornés des tableaux de sa vie.

Celui de ses parents, mariage forcé, un père trop occupé avec ses maîtresses, une mère exigeante et sévère. Son regard glissa alors sur celui de son mariage, sa chevelure blonde ornée d'un magnifique voile blanc, au bras d'un homme à la stature forte, aux cheveux de feu et au regard impénétrable, cet homme qu'elle avait appris à tant aimer.

Puis la vieille femme se leva, sa main venant effleurer le cadre de bois verni, son regard se posant sur la peinture d'un petit garçon de 5 ans, tenant la main de sa petite soeur. Tous deux habillés de jolis vêtements. Ses deux premiers chefs d'oeuvre, les débuts d'une grande galerie de splendeur et d'amour.
Elle s'avance, regardant alors le quatrième tableau, ils ont grandit, et ils sont quatre cette fois. Le plus grand se tient droit, il ressemble déjà tellement à son père. La seconde est assise sur un siège à coté du plus grand, ses mains posées sur ses jambes, le regard droit, un léger sourire aux lèvres. Elle sera la plus belle. Puis viennent les petits derniers en date. L'un debout, tenant la main de son frère ainé. Le pantalon débraillé, son air de petit chenapan posé sur le bout de son petit nez d'enfant. Et enfin, la petite perle, assise sur les jambes de sa soeur ainée, regardant de ses yeux plein d'innocence vers le peintre.

La vieille femme s'avance doucement, continuant d'avancer dans le temps, cette fois ci, ils sont six. Et ils ont encore grandit. Le plus âgé  tient la main d'un petit garçon de dix ans aux allures d'ange, la fille ainée, devenu femme à la beauté dévoilée comme un lys s'ouvre aux rayons d'un doux soleil de printemps, tient dans ses bras un autre bébé, une petite fille à la chevelure flamboyante. La vieille femme sourit, la petite avait trois ans. Puis viennent le second fils et la seconde fille, l'un à coté de l'autre, inséparables dans leurs rires et leurs chaparderies.
Aujourd'hui, ils sont mariés, ils ont des enfants, des amis sur qui ils pourront toujours compter, la vieille dame sourit, rassurée puis s'approche de la porte.

Derrière, elle entend les sanglots, les murmures et les pleurs de sa famille et de ceux qui ont façonné l'avenir cette dernière. Un avenir solide, battit sur le respect et la tolérance, sur l'amour et l'amitié. Un avenir pour ses enfants, pour ses petits enfants.
Elle reconnait chaque voix, chaque sanglot, elle ressent chaque présence, même malgré le mur qui la sépare de tous ces gens.

Elle entend les pleurs de sa Fleur de Lys. Elle perçoit les murmures rassurant du Chevalier Noir. Elle ressent la tristesse de sa Reine de Jade. Elle prête attention à un léger sanglot échappé par Sa Rose des Sables, l'imaginant proche du Lion de Kourna. Elle a une pensée pour la Lionne et son compagnon, peut être l'a t'elle jugé trop durement. Elle a également une pensée pour L'Enchanteur et sa compagne d'un Avenir Lointain. Puis une dernière pour la jeune Acrobate.

Son regard se pose sur la fenêtre, sur le monde extérieur, un fin rideau de pluie s'étant installé sur ce début de soirée. Elle voit deux hommes, l'un est celui qui l'a condamné, l'autre est un jeune homme aux dons incroyables. Elle les regarde et prie un instant pour ces deux hommes.

Puis elle entend le silence, sa famille, tous sont venus, tous sont tristes. Après tout, c'est normal car aujourd'hui, la vieille femme est morte.

Eugénie se tourne alors face à son corps, regardant ce dernier, posé sur le fauteuil en velour vert émeraude dans une posture digne, droite. Les yeux sont clos, la bouche est fermée, aucun air ne s'échappe de son corps sans vie.


"Il est l'heure."

Elle tourne la tête lentement, ses cheveux se dénouant doucement, son visage regagnant la jeunesse de ses vingts ans. Sa main se pose dans celle d'un homme, elle lui sourit avec tendresse, avec amour.

"Nous nous retrouvons enfin."

L'homme l'approche près de lui, entourant doucement son corps frêle de ses grands bras et regarde vers la porte. Il pose ensuite son regard sur la vieille dame devenue pure et belle, immaculée.

"Ils sont forts. Nous pouvons être fiers de nos enfants."

Elle hoche la tête doucement, une larme perlant de son oeil pour glisser sur sa joue.
Le voile de brume s'élève doucement. Elle le regarde et lui demande alors :


"Théodorius ? Comment est-ce là bas ?"
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Liochou

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Âge : 24
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MessageSujet: Re: Dernier Pétale d'un Muguet Fané   Sam 8 Nov - 0:21


Elle se réveille lentement, sentant une respiration lui chatouiller la nuque alors qu’elle lève les yeux vers le visage carré d’un homme somnolant dans un doux rêve. Elle repousse lentement le drap et se lève, ne portant qu’une simple robe de chambre dans un ton gris-clair. Elle s’approche d’un berceau situé non loin du lit, tendant une main vers celui-ci avant de se raviser, ne voulant certainement pas réveiller la douce enfant reposant à l’intérieur.

Le temps à l’extérieur est sombre, l’orage frappe dans les régions un peu plus à l’est, elle se met à compter les secondes, dix lieues avant que l’orage n’atteigne les vastes terres sur lesquelles elle réside. Déverrouillant la grande porte fenêtre, elle foule de ses pieds nus les pierres froide du balcon. Un rayon lunaire perce à travers la lourde couche de nuage et illumine d’un éclat argentée la longue chevelure rousse de la femme. Son visage est triste, elle essaie de ne plus penser à ceux qu’elle a perdu mais sa peine est trop grande, elle ferme les yeux et se rappelle les moments de sa vie où elle ne craignait pas le monde et était heureuse sans se douter du cours qu’allait prendre sa vie.

Ses souvenirs la guide jusqu’au moment où son père lui fut arraché, emblème sacré de sa jeunesse, l’homme aimant et rigoureux qu’elle adorait et chérissait. Puis ce fut au tour de son premier époux, elle ne l’a aimé que trop peu et un amer regret la saisit en repensant à cet homme qui a tout quitté pour aider à cacher la femme qu’il avait appris à aimer sans rien attendre en retour. Elle se sent glissé contre la rambarde et se retrouve prostrée sur le sol, elle revoit le visage de ses quatre enfants ... morts emportés par la maladie et par l’animal que les fuyards avaient recueillis dans leur famille.

Elle a vieillit, elle a trouvé un homme dont les sentiments qu’elle a pour lui sont venus d’eux-mêmes et non pas né d’une obligation maritale. Ses filles sont grandes et belles, radieuse comme elle le fut autrefois, elle sourit, toute tristesse balayé par l’amour qu’elle ressent pour sa famille actuelle. Les nuages cachent à nouveaux la lune et avec elle s’en va la joie qui l’a traversée. Une femme est morte, elle l’aimait plus que tout malgré tout ce qu’elle lui avait fait. Elle-même aurait agis de la même manière si sa famille avait eu à traverser ce qu’elle a traversé.

Elle pleure, et avec elle les nuages libèrent leurs fine gouttes d’eau pour l’accompagner dans ses pensées. Elle pleure et a peur de ce qui va arriver, craignant de perdre tout repère dans un monde où le changement est permanent et où noble s’associe avec des bandits pour contrôler un pouvoir intangible. Elle pleure sa mère, la femme qui l’a éduquée et a fait d’elle ce qu’elle est. Ca y est, l’orage est sur le domaine et la nuit s’illumine par moments. Sa respiration est calme, elle pleure une femme qu’elle a toujours adulée et pour qui elle a qui elle aurait souhaité dire une dernière phrase :
"Merci pour tout"

Une main vient caresser le visage de femme, « rentrons » entend-elle et encore plongé dans ses souvenirs elle voit le visage de son père et pleure. La main s’éloigne de sa peau puis deux bras puissants l’enlacent et la réconforte. Derrière l’homme se tient une silhouette, elle a le dos droit et une douce mélopée de sa jeunesse porte à ses oreilles, elle reconnait la voix de sa mère, aurait-elle tout rêvée ? A-t-elle vécut vingt années de sa vie dans un songe sans fin ? L’homme lui parle à nouveau, ses mots résonnent à ces oreilles et elle se tient à lui, un nom filtre à travers cette mare de souvenir, Audric ... Il est là et là conforte, il soulève sa bien-aimée et l’amène près de la cheminée qu’il a ravivée en cette sombre nuit du Colosse. Elle le regarde puis laisse libre cours à ses larmes, aujourd’hui sa respiration s’est arrêtée et elle n’endurera plus de souffrance, laissant derrière elle une enfant qui a grandi trop vite et se sent perdue.
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